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Une tribu d’Équateur soutenue par la région Ile-de-France

Le président du peuple autochtone Kichwa de Sarayaku Félix Santi et Corinne Rufet, conseillère régionale d’Europe Écologie Les Verts, ont signé une lettre d’intention pour un partenariat durable autour d’un accès au marché de la compensation carbone, ce mercredi matin.

Un partenariat durable a été signé entre le peuple Kichwa de Sarayaku, un village d’Equateur, et la région d’Ile-de-France autour d’un accès au marché de la compensation carbone, ce mercredi matin.
Accord peuple indigène Sarayacu et Ile de France

1- Qu’est ce que la compensation carbone ?

Pour lutter contre le réchauffement climatique, plus de 180 pays ont signé en 1997 un accord pour réduire les gaz à effets de serre. C’est le protocole de Kyoto. De nombreuses alternatives ont été proposées pour réduire sa consommation, dont la compensation carbone. L’objectif est d’acheter des crédits carbones permettant d’investir dans des énergies renouvelables ou de préserver la nature dans un autre pays, bien souvent non exploitant d’hydrocarbures.

2- L’objectif pour l’Ile-de-France

Pour l’Ile-de-France, ce projet permet de compenser l’impact carbone de la région en achetant à la tribu équatorienne des crédits carbones. « D’ordinaire, le prix de la tonne varie entre six ou sept euros sur le marché international. Nous avons choisi de le fixer à 15 euros », explique Corinne Rufet (EELV), vice-présidente en charge de l’environnement, de l’agriculture et de l’énergie de la région. « Nous souhaitons également faire accéder le peuple Kichwa au marché du crédit carbone, les aider à rentrer dans ce système international, qui nécessite une certification », indique Corinne Rufet.

3- L’objectif pour le peuple Kichwa

Situé au centre sud de l’Equateur, le peuple de Sarayaku souhaite, lui, protéger et maintenir avant tout la forêt équatoriale, qu’il surnomme « forêt vivante ». Les Kichwas sont une tribu indienne dont 1.200 habitants vivent encore de façon traditionnelle. L’argent récolté va permettre de maintenir l’écosystème forestier mais aussi de soutenir la non-exploitation de leurs ressources pétrolières. Le pétrole est une ressource d’énergie fortement convoitée depuis plusieurs années en Equateur, comme celui présent dans le parc national Yasuni. Cette concrétisation avec la région d’Ile-de-France va permettre au peuple autochtone de chiffrer les quantités d’oxygène qu’ils apportent à la planète et d’entrer sur le marché international des crédits carbones.

Emplacement Sarayacu

Gouvernement de Sarayaku, situé au centre sud en Équateur.

4- Un projet inscrit dans la lignée de la COP21

Les peuples autochtones, dont les Kichwa de Sarayaku, seront présents à la conférence sur le climat de décembre dans l’intention de « faire du bruit », pour sauvegarder le poumon du monde (Amazonie). « On espère pouvoir soumettre un prix fixe plus élevé internationalement de la tonne carbone, lors de la COP21 », précise Corinne Rufet. « Cet accord unique est le fruit d’une volonté politique solidaire », ajoute Mounir Satouri, président du groupe des élus EELV, « cette expérience doit être dans les débats de la COP21 ».


Auteur : Camille Tombret
Source : 20minutes.fr