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Equateur, le Grand Sud oublié

Cap au Sud dans les confins délaissés de la partie méridionale des Andes équatoriennes.

Dans cette région limitrophe du Pérou se cachent quelques coups de cœur éloignés des itinéraires habituels de nos voyageurs.
Retour sur la reconnaissance terrain de Nicolas de quelques jours dans cette zone méridionale méconnue et injustement délaissée.

Cascade dans le parc national Podocarpus

A la recherche de nouvelles facettes de la biodiversité et des richesses culturelles de l’Equateur …

Au programme, des pépites et quelques activités touristiques encore méconnues car éloignées des axes principaux et des circuits classiques. Chez Terra, nous aimons la poussière du terrain, la quête d’originalité et dénicher de petits produits authentiques rien que pour nos voyageurs.

Pour ce faire un vol rapide Quito – Cuenca, une location de voiture et en route pour 1 500 kilomètres afin de redescendre la piste et écumer les routes quasi vierges du Grand Sud de l’Equateur.

Première étape chez les Saraguros

J’adore commencer mes voyages par un marché authentique. Aussi, entre Loja et Cuenca, je débute donc ma boucle par le marché de Saraguro.

Se déroulant uniquement le dimanche (c’est parfait), il est l’occasion de voir les villageois des environs venir échanger leurs marchandises en costume noir et blanc. Le principal attrait réside dans le marché aux animaux qui se déroule de bon matin tout près du cimetière. L’ambiance y est rurale et chaleureuse dans un cadre bucolique.

marché de Saraguro

Cette ethnie d’environ 3000 personnes dispose de sa propre langue, de ses codes vestimentaires et représente un vibrant hommage à la présence inca dans le sud du pays. Originaires du lac Titicaca, cette population fut déportée dans le cadre des mitlae incas et s’est sédentarisée dans la région au XVème siècle. Agriculteurs, tisserands et éleveurs, les Saraguros conservent un lien fort avec la Terre et la Nature. Les hommes portent le traditionnel poncho en laine noire avec chapeau de feutre et pantalons courts. Les femmes, nettement plus coquettes, arborent de belles boucles d’oreilles en argent, des broderies colorées et ornent leurs ponchos noirs des tumpos qui se transmettent des mères en fille, de génération en génération.

Le mythe de l’Eldorado équatorien dans les Mines d’or de Zaruma

Envie de visiter une ancienne mine d’or ? Celle del Sexmo est justement aujourd’hui ouverte aux visiteurs. L’extraction d’or, depuis le temps du peuple Cañar jusqu’au siècle dernier, a fait la gloire de cette région.

mine d'or Zaruma

Chaussés de bottes et casque avec un guide local de la mine, découvrons la galerie de 500 mètres de long et apprenons-en un peu plus sur le pénible processus d’extraction de l’or ainsi que sur l’ambiance de la mine. La mine n’est plus en activité mais constitue un témoignage historique de l’activité aurifère de la région, depuis les Incas jusqu’à l’exploitation américaine de la fin du 19ème siècle.

Vilcabamba, le havre de paix

Cette petite ville se trouve au cœur d’une vallée luxuriante, le printemps y est éternel.

La longévité exceptionnelle de ses habitants a valu à Vilcabamba le surnom de vallée des centenaires. Cette longévité serait due à la présence de nombreuses sources riches en oligo-éléments, et en particulier en magnésium, n´hésitez pas à gouter cette eau magique.
Mais en fait la sérénité des lieux et le climat constituent déjà un bon début de réponse … en attendant que vous nous donniez la vôtre.

Au menu, des balades équestres, pédestres ou à vélo pour observer la flore et les nombreux oiseaux. De nombreuses randonnées sont possibles.

Cerro Mandango à Vilcabamba
Personnellement je me suis régalé avec le Cerro Mandango qui surplombe et surveille la vallée. Pas haut pour le petit andin que je suis devenu, trois petites heures suffisent à monter au sommet en toute liberté (2064 mètres) en suivant le sentier qui serpente derrière la place du marché. Récompense avec un joli panorama sur ces vallées andines verdoyantes.

Des tours communautaires autour de la panela (canne à sucre) et du café sont faciles à organiser en dernière minute dans les villages d’artisans des alentours.

A la redescente, rapide flânerie dans le village autour de la jolie place coloniale. Après moultes visites d’hôtels, rien de tel qu’un verre au frais sur une terrasse ombragée.
(Juste entre nous, petit coup de cœur sur le jardin du Falafel United lové contre l’église).

Pause et flashback, voici la forêt pétrifiée des fossiles de Puyango

Retour aux temps des dinosaures. Située à la frontière entre les provinces de El Oro et de Loja au sud de l’Équateur, la forêt pétrifiée de Puyango est un site unique où se sont accumulées des centaines de troncs d’Araucaria il y a près de 100 millions d’années.

C’est l’une des trois seules forêts pétrifiées recensées sur le globe qui illustre une autre facette de la richesse du pays des 4 Mondes. Ces vestiges géologiques vieux de 105 millions d’années justifient bien à eux-seuls quelques heures de routes supplémentaires.

Forêt pétrifiéee de Puyango

Le processus de transformation des troncs en pierre se nomme la perminéralisation. Concrètement les espaces vides de l’arbre sont comblés par la précipitation de minéraux, ce qui permet de conserver les structures originales comme la forme des cellules végétales ou les cernes de croissance. Si le tronc est enfoui très rapidement le poids des sédiments peut déformer les troncs et leur donner une forme elliptique.

A Puyango la plupart des troncs ont été silicifiés d’une manière si parfaite qu’ils pourraient être confondus avec des troncs actuels. On reconnaît facilement l’écorce, les nœuds et la fibre du bois.
Le plus grand spécimen mesure deux mètres de diamètre et 15 mètres de longueur.

Une étude réalisée assure que les troncs pétrifiés de la forêt de Puyango sont la plus grande collection du genre dans le monde et, sont comparables à ceux que l’on trouve en Arizona ou en Patagonie chez nos amis argentins.

La visite est accompagnée avec un guide local naturaliste, spécialiste de la faune et la géologie. Un rêve d’enfant se concrétise et je le bombarde de questions pour profiter sans vergogne de son savoir et accessoirement du fait d’être le seul visiteur de la réserve depuis 4 jours !

Poursuite vers Guayaquil en remontant les provinces d’El Oro et de Guayas.

Pause vers Machala. Je suis frappé par les changements d’écosystèmes en arrivant sur la Côte Pacifique dont la région est connue pour l’élevage de crevettes et la production de bananes.
D’ailleurs c’est très simple la route est bordée de champs de bananes sur des kilomètres à perte de vue.
Petite étape à Jambeli près de Balao Chico dans une hacienda de 283 hectares exploitant le cacao et la banane. Après 5 kilomètres de piste cabossée dans la propriété, on rechausse les bottes et débutons par quelques explications sur le processus de récolte du cacao, de la transformation (fermentation, déshydratation) jusqu’à l’exportation.

Cap ensuite sur la bananeraie pour tout comprendre sur la musa balbisiana dans la bonne humeur avec les ouvriers agricoles. Fin des échanges autour d’une dégustation et d’un bon repas dans le jardin près du centre de refuge des animaux (singes, perroquets, olinguito).

lavage des bananes
Retour sur la route et arrivée à Guayaquil en fin de journée, juste à temps pour profiter des célébrations du Carnaval et finir en festivité cette reconnaissance terrain riche et dense.

En conclusion :

  1. Une superbe expérience dans une zone reculée et non touristique où l’on se sent loin du Monde.
  2. C’est une autre version originale des Andes : certes moins hautes, moins froides et plus verdoyantes avec des populations locales attachantes comme accueillantes mais vierges et pour les plus aventuriers.
  3. Des réserves écologiques bien préservées et d’une grande biodiversité (écosystèmes tropicaux ou humides, forêts de nuages ou sèches). Avec en bonus la gâterie de la forêt pétrifiée de Puyango.
  4. La magnifique province d’El Oro qui offre un joli panorama agricole du pays. Les plantations de canne à sucre, de bananes, de café constituent une plateforme pour l’agrotourisme local qui émerge tout juste.
  5. Les villes coloniales de Loja, Zaruma ou Vilcabamba constituent de bons camps de base pour rayonner dans les alentours. A la clé de belles randonnées à la journée pour tous les niveaux, notamment celles du mythique parc national Podocarpus (entrées Ouest et Est).

Loja

Conseils pratiques :

  • Ce circuit est réalisable toute l’année.
  • Pour autant, évitez le mois de décembre, le plus pluvieux et venté dans le Parc National Podocarpus.
  • Janvier correspond à la floraison des majestueux Guayacanes dans le grand Sud (province de Loja).
  • Cette boucle est très facilement réalisable en auto-tour compte-tenu de la qualité des routes (attention toutefois aux temps de parcours qui peuvent-être assez longs).

Pour plus d’informations sur ce circuit
Nicolas Goronflot